La France a le taux de pédo-criminels « en série » le plus élevé !
Voilà la déclaration « soufflante » faite par Michèle Agrapart-Delmas, psychologue et criminologue, au début de l’émission « C dans l’air » (que l’on pouvait voir quand en se branchant sur le même canal TV que ARTE à partir de 17h50, ce vendredi 1er juin)(1)
Cette émission avait pour titre « Sérial Killers en série » et posa la question des moyens mis en œuvre pour repérer le plus vite possible et contrer les tueurs en série. Mais du même coup la question des meurtres et des disparitions non élucidées fut largement abordée.
Pour découvrir des liens, il faut enquêter.
Dans une séquence consacrée à CHARAZED, Ferouse Bendouiou (Grenoble) signale que l’enquête sur la disparition de sa sœur, il y a vingt ans et jamais retrouvée, n’a duré qu’un an, après quoi « non lieu » décrété par le Tribunal de Grande Instance. Ferouze, 31 ans, veut que la justice s’intéresse à un ensemble (une quinzaine) de disparitions qui ont eu lieu dans le même département de l’Isère, à la même époque (entre 1983 et 1993). Pour l’avocat parisien Didier SEBAN, qui a dressé la carte de ces disparitions pour relancer l’instruction, il est évident que la lecture de l’ensemble des dossiers pourrait mettre sur la piste de points communs (la plupart des petites victimes sont d’origine maghrebine, la plupart ont été étranglées...) et de liens permettant des solutions. Mais un policier qui a bien connu l’affaire, CHARAZED, interviewé par un journaliste de l’émission, est d’avis que l’on ne pourrait rouvrir cette enquête que si des éléments nouveaux reliant deux ou plusieurs dossiers étaient découverts.
Question : comment peut-on déceler les liens éventuels avec d’autres dossiers si on ne ré-ouvre pas l’ enquête ? Et qui doit chercher les liens : les parties civiles ou les autorités ? « Si quelqu’un faisait le boulot à ma place, cela m’arrangerait énormément, déclare Ferouze, j’ai ma vie à vivre. Mais tant quon aura pas trouvé je ne m’arrêterai pas ! » Et maintenant Ferouze étend son action et milite désormais pour un prélèvement ADN sur chaque victime inconnue, « les morts sous X », comme on les appelle. Le chiffre est énorme : 1500 en France ! (2)
La recherche des auteurs : affaire privée ou affaire d’état ?
Ferouze Bendouiou était présente le 21 octobre en Belgique à l’occasion de la journée « Marche Blanche AN 10 », organisée par l’Observatoire Citoyen et le Réseau de Comités Blancs. Elle était également présente, la semaine dernière à Paris, auprès de l’association « Estelle »( Mouzin) lors de la journée internationale des enfants disparus, où beaucoup de parents sont venus dire combien la lutte contre l’oubli et la recherche pure et simple de leurs enfants disparus leur coûtaient en énergie et en argent. Si l’on en parle en évoquant cette ( très bonne) émission de télévision, c’est que la séquence sur CHARAZED ajoutait à tout ce qui s’était dit à Paris lors de cette journée du 25 mai 2007 et qui est résumé dans cette question mille fois entendue déjà en Belgique : pourquoi faut-il que les parents se retrouvent seuls à lutter contre l’oubli et le désintéressements des autorités qui ont pour mission de réprimer et de mettre hors d’état de nuire les auteurs des crimes les plus sordides commis sur des enfants.
Disparu depuis vingt ans, ça ne peut plus être une fugue ! Le mot « disparu » est trop banalisé, comme faisant partie inéluctablement de la vie quotidienne de nos société. Derrière ces disparitions non élucidées il ne peut y avoir que des criminels. Pourquoi cette hypothèse de travail, la plus plausible, n’est-elle pas prise systématiquement en compte ? Il n’y a pas que le désir des familles des victimes à rencontrer, il y a à protéger la société. S’ils courent toujours ils peuvent faire autant de dégats qu’un Fourniret et sa femme. C’est ça l’enjeu de la prise en compte de l’existence de tueurs et de criminels « en série ». Il s’agit évidemment d’autre chose que de dire simplement qu’il n’appartient pas à la justice d’aider les familles à faire leur deuil, comme on l’entend si souvent.
Des parents épuisés, l’état sans moyens.
Une autre séquence de l’émission remontait de quelques départements vers le nord, en Saône et Loire : en vingt ans, 9 meurtres et deux disparitions, chaque fois de jeunes filles, sont restés non élucidés. Marie Rose Bletry, la mère de Christelle, une des victimes retrouvées assassinée en 1996, a fondé une association de parents et se bat pour que l’on regroupe tous les dossiers.
![]() Marie-Rose Blétry, maman de Christelle, était au rendez-vous de Paris pour la journée des Enfants Disparus. |
Joseph DESSART
Stephane BOURGOIN , auteur de « Serial Killer, enquête sur les tueurs en série » et
Michèle AGRAPART-DELMAS, Psychologue Criminologue
Philippe DE MAZANCOURT, Professeur de biologie moléculaire
Corinne HERRMANN, Juriste en relation avec Mme BLETRY, mère de Christelle.