Bonjour
J’ai une histoire à vous raconter, mon histoire. J’aimerai que vous lisiez mon histoire jusqu’à la fin. Il y à 22 ans disparaissait Gevrije Cavas, (Gabriel ) à l’âge de 5 ans.
Un enfant né le 20 avril 1979, un araméen, il avait quitté le domicile sans autorisation à Molenbeek-Saint-Jean pour suivre son frère qui jouait au football dans les environs.
Ce frère que Gabriel à voulu rejoindre c’est moi Besim. Essayez d’imaginez 2 secondes la culpabilité que je ressens depuis toutes ses années. Et essayer de continuer à vivre avec cette culpabilité. Peut-être avez-vous entendu cette histoire, sous le nom du jeune Turc disparu à Bruxelles .
Nous venions tout juste d’arriver en Belgique, nous n’étions que des réfugiés.
Déjà 22 ans, malgré le délai de prescription qui vient à terme Le délai de prescription d’un crime est de dix ans. Toutefois, en raison d’actes interruptifs, comme les actes d’enquête, ce délai peut être prolongé d’un nouveau délai équivalent au premier. Si la fin du délai légal de prescription vient à terme, il n’est pas exclu qu’un éventuel auteur d’enlèvement puisse être jugé si d’autres faits ultérieurs à cet hypothétique enlèvement serait mis au jour. L’ensemble de ces faits, relatifs à une même affaire, serait alors jugé conjointement. C’est pour cela que ma famille a porté plainte contre l’état belge, en 2004 Pour non-assistance à enfant en danger, lenteurs et négligences. On doit attendre la fin de la procédure criminelle, c’est-à-dire un délai de 20ans après les faits pour statuer.
C’est scandaleux, mes parents ont déjà vécu trop de souffrances On ne peut pas leur demander d’attendre toutes ses années et encore et encore Toute notre vie, s’est arrêté le jour de sa disparition. L’Etat n’a pas fait son devoir, il mérite une amende. Aussi élevée que les amendes qu’il impose maintenant pour les infractions à la sécurité routière et qui peuvent vous ruiner complètement. Et là, soyez sûrs qu’on ne vous laisse pas vingt ans pour payer. L’Etat pense avant tout à remplir ses caisses. Moi, je pense aux enfants d’abord.
Et c’est en 2004 après notre plainte bien sûr, que les enquêteurs ont fouillé une maison celles d’un pédophile. La maison fouillée se situe dans le quartier où vivait ma famille à l’époque. Elle appartient W.D, 58 ans un homme condamné en 2002 à 6 ans de prison pour des faits de pédophilie. En fait, cet homme est le dernier à avoir vu Gevriye vivant. Dans cette maison de Molenbeek, on est à la recherche de mon frère. Cet homme s’était présenté comme témoin à l’époque de la disparition de mon frère Il avait déclaré avoir vu Gabriel avec une gitane à la gare du Midi, fausse piste ! !
Mais les enquêteurs n’ont pas cherché à savoir qui était vraiment ce témoin. Et c’est des années plus tard qu’on se rend compte qu’il est pédophile et qu’on commence à s’interroger. Les autorités se soucient plus de leur image de marque que du sort des enfants et de la souffrance des familles.
Notre affaire n’a été médiatisée qu’en 1996, après l’arrestation de Dutroux Notre affaire n’a été mise à l’instruction que le 22 mai 1997 ! Soit 12 ans après ! Qu’on-t-il fait pendant ses années ?
Et on voudrait me faire croire après tous cela qu’aucune erreur judiciaire n’a été commise.
Moi Besim, on m’a interrogé à l’époque pendant presque 6 heures je n’avais à l’époque que 7ans on me demandait ou j’avais caché mon petit frère, à mon âge je n’aurais jamais pu cacher un enfant de 5ans, et dans quel but ? Je l’aimais tellement mon petit frère A 7 ans on réalise la douleur de sa famille, le stress, l’angoisse, c’est l’horreur je vous assure il n’y à rien de pire à vivre, on ne peut même pas imaginer cela dans nos pires cauchemars,
Mon frère Gevrije avait disparu, voilà la réalité
Et chaque jour qui à suivis sa disparition, on l’a attendu, A chaque appel téléphonique on espérait une bonne nouvelle, à chaque fois qu’on croisait un enfant dans le quartier on espérait le reconnaître, et cela fait 22 ans que cela dure.
Mais aujourd’hui à qui ressembles-tu toi Gevrije ?
Vous trouverez ci-joint des extraits de la dernière heure afin de mieux comprendre les erreurs commises dans notre dossier.
22/03/2002 : Cinq pédophiles au moins vivaient dans leur quartier de la rue Ransfort. Dans les années 1990, des enfants - ayant grandi - ont raconté comment l’un d’eux en particulier s’était livré sur eux à des abus sexuels. Au point qu’ils l’avaient surnommé le Cochon. En 1997, le Cochon a été condamné à sept ans. Ses sept victimes identifiées n’avaient pas dix ans. Nous avons enquêté sur cette période - entre 1983 et 1988. Et nous avons découvert que pendant ces cinq années, le Cochon avait déménagé sept fois mais sans jamais quitter ce quartier de Molenbeek à un moment, le Cochon a même habité en face, aux numéros 6 puis au 29 puis au 141, puis encore au 96, juste en face des Cavas. Tout ça dira-t-on ne prouve rien. Pas plus que ce témoignage d’un de ses anciens amis qui se souvient très bien l’avoir vu, à une époque qu’il ne peut, hélas ! Préciser, se débarrasser d’un sac-poubelle en le jetant dans le canal qui n’est pas loin. Ce ne sont que des questions.
En 2002, le pédophile est toujours détenu. Il devrait être libéré l’année prochaine. C’était comme ça l’époque. Tout était si bien cloisonné que les gendarmes qui s’occupaient de l’enquête n’ont jamais su que des collègues de la PJ de Bruxelles enquêtaient de leur côté depuis des années sur la disparition inexpliquée d’un enfant du quartier. Aucun rapprochement ne fut donc fait !
22/12/2002 : L’inspecteur Dooms, en revanche, a décidé tout seul, en 1989, de reprendre à zéro le dossier Cavas. Il ose le dire : `A l’époque, c’est une affaire dont tout le monde se fichait pas mal. J’ai même eu droit à des remarques racistes. Je me souviens d’un coup de fil où l’on me conseillait de m’occuper des gosses belges et pas des enfants d’étrangers. Ce qui a manqué au départ, c’est une enquête de quartier
23/01/2003 : Le juge d’instruction responsable du dossier refuse de procéder à plusieurs devoirs d’investigation que la police fédérale estime utile. La police fédérale qui prévoyait d’effectuer toute une série de recherches en a fait part au magistrat instructeur qui a refusé. Et pour que tout soit clair, il l’a fait par jugement motivé - ce qu’on appelle une ordonnance contraire. Au parquet de Bruxelles, le dossier Cavas est suivi par la chef de la section famille-jeunesse, le 1er substitut Nadia De Vroede. La magistrat n’a visiblement pas accepté ce refus du juge dans une affaire quand-même de disparition d’enfant ! Et pour essayer que ces recherches soient néanmoins menées, bref pour passer outre, le parquet a pris des réquisitions complémentaires : le différend sera tranché - à huis clos - par la chambre des mises en accusation. Dans la matière judiciaire, le ministère de la Justice ne permet pas aux juges d’instruction de s’exprimer sur des dossiers en cours.
Du coup, nous ignorons les motifs pour lesquels le magistrat a subitement refusé à des policiers d’enquêter dans un dossier qui ne sera prescrit qu’en 2005.
A priori, le refus paraît d’autant plus incompréhensible que les devoirs suggérés n’étaient pas coûteux. Il ne s’agissait pas d’envoyer des policiers en commission rogatoire à l’autre bout de la planète. Mais, par exemple, de soumettre un pédophile au détecteur de mensonges, un pédophile qui habitait le quartier à l’époque de la disparition du petit Gevrije et serait disposé à relever le défi : le détecteur permettrait d’éliminer une piste.
6/02/2005 : Je n’ai pas de nouvelles récentes du dossier », a indiqué vendredi Me Victor Hissel. Je n’ai jamais été informé des résultats des dernières fouilles, mais je suppose qu’elles n’ont rien donné. Des je suppose encore et encore
Et enfin on se retrouve à la date du mercredi 8 novembre 2006 ! Au tribunal de Bruxelles chambre 71, moi bien sûr, mes parents ainsi que mes frères et sœurs qui se sont déplacés de l’étranger (Autriche, Hollande, Liège, Bruxelles,...) On à tous été convoqués par la justice, mais à quoi bon Une fois de plus ma déception était grande, premièrement de n’avoir vu aucun journaliste présent sur les lieux , et ensuite de ne pas avoir eu la possibilité de m’exprimer devant le juge
Pouvoir lui raconter notre calvaire depuis 22 ans, car on à perdu Gabriel mais aussi notre maman le même jour, il faut s’avoir que même si on est une famille nombreuse un enfant ne remplace pas un enfant disparu ! ! Maman à continuer à vivre si on peut appeler cela ainsi pour nous ses autres enfants, mais à continuer à vivre surtout dans l’espoir de revoir Gabriel, de le retrouver c’est là qu’elle à chercher ses forces pendant toutes ses années. Dans l’espoir, sa vie ne tient plus qu’à cela car il est difficile évidemment de faire un deuil à partir du moment ou il n’y pas de corps, pas d’enterrement, donc il est difficile de vivre dans de telles conditions ! J’ai peur qu’elle nous quitte un jour sans savoir ce qui s’est passé C’est pour cela que je continue à me battre aujourd’hui.
Je tiens quand même à remercier l’inspecteur Jean Dooms, qui est venu nous rendre visite régulièrement à la maison. Il à compris notre chagrin et notre impuissance face à cet Etat si, apparemment intouchable. Je remercie également Gilbert Dupont, journaliste de Dhnet.
Merci pour l’attention que vous porterez à mon courrier, Je reste disponible pour toute information complémentaire. Ceci est un appel à l’aide Qui peut nous aider afin que notre dossier ne tombe pas dans l’oubli ? Notre dossier ne peut être classé tant que je serai vivant, je me battrai pour cela Pour mes parents, ma famille,
Mais aussi, pour toi Gevrije, on ne t’oubliera jamais ! Et pardonne--moi de ne pas t’avoir attendu, j’aurai su te protéger, Gevrije on t’aime
*****************
honte à l’Etat, honte aux personnes qui ont vu, ne fusque que le moindre petit détail ce jour là, et qui se taisent depuis 22 ans... c’est inhumain d’infliger de telles souffrances à une famille toute entière... honte à la personne qui a enlevé ce petit garçon à sa famille... C’était il y a 22 ans, alors même si il est trop tard pour vous punir soulagez votre conscience et dite la vérité à cette famille. Ou est leur enfant ? Qu’est il devenu ? doivent ils faire leur deuil ? Que c’est il passé ? Imaginez vos enfants, vos proches à la place de ce petit garçon de 5 ans, éffrayé sans les siens... C’est Noel dans quelques jours, alors faites un cadeau...
bon courage a tous ... ne culpabilisez pas Besim, vous n’etiez vous aussi qu’un enfant...
Cher Besim, Chers membres de la famille de Gevrye,
Solidarités avec vous.
Honte à ceux qui n’ont pas voulu voir que la criminalité envers les enfants existait, existe ; honte à ceux qui n’ont pas voulu la voir parce que Gevrye comme Loubna n’étaient pas belges ; honte à tous ceux qui malgré 1996 ne veulent toujours rien voir.
Anne Martin